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Mercredi 24 octobre 2007

Le processus d’européanisation de l’enseignement supérieur : l’approche critique.

Par Jean-Emile CHARLIER, Professeur des Facultés Universitaires Catholiques de Mons en Belgique (FUCaM), membre du Groupe de recherche sociologie action sens (GReSAS) et Jean-Philippe RESTOUEIX, Direction de l’Enseignement Supérieur du Conseil de l’Europe.


Résumé :

     La réflexion sur l’Université est un miroir de la réflexion sur l’Europe.
Selon les types de contrat entre la société et l’université, cette dernière se voit attribuée des fonctions différentes (lieu de la formation de l’élite, accélérateur de la mobilité académique, lieu de combats pour l’autonomie de la recherches diffuseur de savoirs, lieu de préparation à une profession), mais dans tous les cas l’université, apparue il y a plus de 1500 ans – la première université de Constantinople fut crée en 425, fait partie du patrimoine européen. La construction de l’Europe se présente donc incomplète, voire impossible, sans l’émergence d’un espace commune, ou harmonisé, de l’enseignement supérieur en Europe. C’est ainsi que les pays européens se sont posés l’objectif de construire l’ « Europe de connaissances » ou l’ « Europe de savoir », en procédant, entre autres, par l’européanisation de l’enseignement supérieur.

C’est ainsi que le processus de Bologne, qui a pour une des lignes directrices la création de l’espace européen de l’enseignement supérieur, est devenu un enjeu de grands débats.
Débuté à la Sorbonne en mai 1998, le processus de Bologne, peut être interprété comme « une marche européenne non conventionnelle commune » ou « un geste néocolonialiste », comme « un exemple de bonne pratique » ou « un processus accélérateur de « déviation académique ». Quelle que soit son interprétation, le processus de Bologne est une démarche européenne réelle, qui prend corps à partir d’une série de déclarations européennes et de rapports des conférences ministérielles régulières.

Le processus de Bologne a des objectifs concrets : l’adoption d’un système de diplômes facilement lisibles et comparables, l’adoption d’un système fondé essentiellement sur deux cycles principaux, avant et après la licence, la mise en place d’un système de crédits – comme celui du système ECTS – comme moyen approprié pour promouvoir la mobilité des étudiants, la promotion de la mobilité en surmontant les obstacles à la réelle libre circulation, la promotion de la coopération européenne en matière de garantie de la qualité, la promotion de la nécessaire dimension européenne dans l’enseignement supérieur, etc.
La mise en œuvre de ces objectifs est conditionnée par le caractère conventionnel du processus : les parties prenantes doivent discuter à chaque étape de sa réalisation. Quelque lourd et complexe qu’il soit, le système d’évaluation du processus (des « stop taking » du groupe de suivi, des rapports de l’Association européenne des Universités, des rapports des étudiants) permet de constater que plusieurs réalisations faites (l’introduction du système de diplômes fondé sur trois cycles, programmes d’échange universitaire comme ERASMUS, SOCRATES, etc.), le processus de Bologne est une démarche loin d’être accomplie.

Parmi les critiques du processus de Bologne sont l’imprécision de ses objectifs et une compétition universitaire exacerbée. On évoque également le fait que le processus de Bologne se fait « par les structures » et qu’un vrai défi de celui-ci est de procéder par l’harmonisation du contenu de l’enseignement. Beaucoup d’autres questions se posent auxquelles les acteurs du processus de Bologne doivent encore à répondre : Quelle rôle faut-il attribuer à l’Université dans le monde où elle n’est pas le seul lieu de transmission du savoir ? Quel rôle l’Université joue-t-elle dans la construction européenne ? Quelles valeurs sont au centre du processus de Bologne ? De quel type de savoir l’homme moderne a-t-il besoin ? etc.


Conseils bibliographiques

Document distribué : Extrait de la Déclaration de Boulogne




























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