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La création d’emplois plus nombreux et de meilleure qualité est une des préoccupations majeures
de tous les Etats de l’Union européenne. Les problèmes structurels et les difficultés macroéconomiques des années 1990
ont fait ressortir la nécessité d'une réponse coordonnée au niveau européen.
Jusqu’à l’adoption du traité d’Amsterdam en 1997, la coopération entre les Etats membres
de l’UE dans le domaine de la promotion de l’emploi consistait surtout dans la collaboration intergouvernementale.
A partir de 1997, l’emploi est reconnu comme un objectif d’intérêt commun Il entre expressément dans les
traités de l’UE. Le traité d’Amsterdam donne ainsi naissance à la stratégie européenne d’emploi (SEE)
dont l’objectif consiste à réduire le taux de chômage au niveau européen. Chaque Etat est censé fournir ses plans pour
l’emploi. La méthode ouverte de coordination est choisie pour avancer dans le domaine de l’emploi.
La stratégie européenne, adoptée au Conseil européen de Lisbonne en 2000, comporte des variables
économiques (« l'économie de la connaissance la plus compétitive et la plus dynamique au monde »), mais également
sociales (« croissance économique durable accompagnée d'une amélioration quantitative et qualitative de l'emploi et d'une
plus grande cohésion sociale »). Revue entre 2003 et 2005, la stratégie de Lisbonne contient 14 indicateurs
structurels, dont 8 économiques, 3 de cohésion sociale et 3 d’environnement et de développement durable.
Les résultats de l’action communautaire par rapport aux objectifs posés ne sont pas à la hauteur des espérances.
Même si le taux d’emploi dans l’UE a évolué de 60,87% à 64,3% au cours des dix dernières années, les
objectifs fixés (le taux d’emploi global de 70%) sont loin d’être atteints. D’un côté, les chiffres cités permettent de parler
d’une Europe « machine à croissance d’emplois », de l’autre, ils cachent un nouveau problème, celui de
la qualité d’emploi (le nombre de personnes travaillant à temps partiel n’a cessé d’augmenter depuis 1997 : 10% en
1997 et 15% en 2005). Si du point de vue de la quantité d’emplois, les résultats de l’action européenne peuvent être
considérés comme un succès relatif, la qualité d’emplois laisse beaucoup à désirer. Les raisons des résultats mitigés
de l’action européenne sont de deux ordres : d’un côté, des logiques externes (la concurrence des pays « émergents »
comme la Chine ou l’Inde et l’écart par rapport aux Etats-Unis) ; de l’autre, des raisons internes (élargissement, manque
de dynamisme de l’investissement dans la recherche et développement, déficit de coordination, pacte de stabilité et de
croissance, des politiques macroéconomiques dogmatiques, manque de confiance aux institutions européennes…).
Accusée souvent d’être génératrice du chômage, l’Europe a un double défi à relever : relancer la croissance et
devenir un « leader social » dans le monde. Elle peut et doit agir sur le développement de l’emploi, elle en a tous les moyens.
Au-delà, l’Europe, en elle-même, est une solution : elle donne un espace autonome de politiques et donc
plus de marge de manœuvre pour appliquer les politiques macroéconomiques, le marché intérieur est un vrai aimant pour les
investissement étrangers, etc.
Le paradoxe européen en matière de l’emploi est que l’Europe n’a pas encore appris à tirer tous les avantages
qu’elle pourrait apporter par son existence même. La politique économique actuelle définie au niveau européen risque de
rendre l’UE contre-productive dans le domaine de l’emploi. L’Europe devrait adopter plusieurs actions : assouplir la pacte
de stabilité et de croissance ; augmenter les dépenses à la formation et la recherche et le développement pour diminuer
l’écart qui s’est creusé entre elle et les Etats-Unis ; parvenir à une meilleure coordination de politiques budgétaires ;
plus utiliser les mécanismes d’offre et de la demande ; donner plus de légitimité à l’Eurogoupe…...
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