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       La Banque Centrale européenne, une institution européenne responsable de la mise en œuvre de la politique monétaire européenne, a subi, depuis son apparition en 1999, les foudres d’attaques de la part de la presse, des hommes politiques et, sous cette influence, de nombreux citoyens européens. L’année 2005 est devenue l’année de paroxysme d’attaques et jusqu’aujourd’hui, la BCE se présente souvent comme un bouc émissaire responsable des problèmes et insuffisances de la politique économique européenne.
       Quelle appréciation donner à l’activité de l’institution monétaire européenne indépendante ? Est-t-elle génératrice d’une politique monétaire restrictive, coupable de toutes les troubles de la politique économique européenne ou bien est-t-elle une des institutions qui a fait un travail tout à fait honorable depuis sa création ? Est-t-elle une mainmise sur les politiques économiques nationales efficaces ou orpheline d’un gouvernement économique européen ?
       La Banque centrale européenne, bientôt prête à célébrer son 10ème anniversaire, est une institution européenne à double légitimité – politique et démocratique. Elle a été créée en 1999 pour répondre à l’objectif primordial de maintenir la stabilité des prix dans la zone euro annoncé dans le traité de Maastricht et considéré important par 9 citoyens sur 10. Le but que se pose donc la BCE est de maintenir, au sein de la zone euro, l’inflation annuelle, « au dessous, mais au niveau proche, de 2%, sur le moyen terme ».
       La spécificité de la BCE tient à son indépendance et à sa composition. La BCE est un organe indépendant des autres institutions européennes et des États membres. Dans l'exercice de ses missions elle ne peut solliciter ni accepter d'instructions d'un organe extérieur. La raison d’attribution d’une double indépendance, personnelle et fonctionnelle, à la BCE réside dans la volonté d’assurer le maximum d’efficacité dans son fonctionnement. En même temps, deux conditions doivent être rigoureusement respectées : la transparence et la responsabilité.
       La spécificité du fonctionnement de la BCE se trouve dans son caractère fédéral et décentralisé : les organes décisionnels sont composés des membres nationaux. Les organes de décision de la BCE sont le Conseil des gouverneurs, qui se compose du directoire et des seuls gouverneurs des BCN de la zone euro, et le Directoire, comprenant le président, le vice-président et quatre autres membres, nommés d'un commun accord par les chefs d'État ou de gouvernement des États de la zone euro, sur recommandation du Conseil de l’Union européenne et après consultation du Parlement européen du Conseil des gouverneurs de la BCE.
       Aujourd’hui, la BCE doit répondre à de nombreux défis d’ordre interne et externe : l’élargissement de la zone euro et, par conséquent, l’extension des organes de décision, la dépendance des marchés américains, la mondialisation et l’augmentation des prix du pétrole, mais aussi la dévalorisation de son image aux yeux des citoyens européens. La BCE, ne devrait-elle faire preuve que les insuffisances de son fonctionnement découlent surtout du manque de coopération suffisante entre les Etats membres de l’Union européenne dans le domaine de politique budgétaire ?
       En s’attaquant à la Banque Centrale Européenne, on oublie souvent deux choses : mentionner les réussites de la BCE et préciser que la politique économique européenne est aussi dans les mains des ministres nationaux de l’économie. Cette politique est aussi l’œuvre des chefs d’Etats et de gouvernement. Cependant, l’inactivité de ces derniers passe souvent sous silence. Souvent, on s’abstient d’évoquer que la BCE réussit à maintenir les taux d’intérêts à des niveaux exceptionnellement stables et bas, qu’elle a réussi en moins de dix ans à créer une nouvelle monnaie et à lui faire acquérir le statut de deuxième monnaie de réserve mondiale.
       Le procès à la BCE n’est donc pas tout à fait justifié. C’est dans l’absence de volontarisme national qu’il faudrait chercher la raison de lacunes de la politique économique européenne…
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