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Les relations entre l’Union européenne et les Etats-Unis se trouvent aujourd’hui dans un contexte de crise économique et financière. C’est aussi le début de mandat présidentiel de Barack Obama. Les choix fondamentaux de la politique extérieure des Etats-Unis, notamment avec la reconnaissance des acteurs mondiaux essentiels comme la Chine, la Russie et l’Europe, montrent qu’un nouveau rapport de forces est train de se mettre en place. On assiste à l’atténuation progressive de la traditionnelle hégémonie américaine. Ce nouveau contexte s’impose au nouveau président des Etats-Unis qui semble avoir une conviction plus multilatéraliste du monde que son prédécesseur.
On peut donc juste titre s’interroger sur son rapport à l’Europe. A-t-il aussi une certaine conception de l’Europe qu’il connaît relativement mal ? Il est plus tourné, compte tenu de son parcours personnel vers le Pacifique et l’Asie. Barack Obama, contrairement aux nombreux présidents américains n’a pas de lien particulier avec l’Europe. Il n’a jamais été ambassadeur en Europe. Il n’a pas étudié en Europe. Son seul lien personnel avec l’Europe s’établit par son grand père paternel, torturé par le Britanniques. Donc, comment l’Europe peut-elle être vue, aujourd’hui, des Etats-Unis ?
Il faut souligner un autre aspect important du nouveau président des Etats-Unis, ce n’est pas du tout un idéologue, à la différence de son prédécesseur. Il est démocrate, certes. Mais aujourd’hui, cela ne suffit pas pour construire une politique étrangère. Il faut savoir s’adapter au nouvel environnement international qui est composé d’un grand nombre de centres de décision dans le monde. Le pragmatisme du président Obama peut lui être très utile. On peut déjà constater les effets de sa vision empirique des relations internationales. Il souhaite à la fois reconnaître la nécessité d’une politique multilatérale, tout en préservant à l’Amérique le rôle de superpuissance mondiale. Cette démarche est déjà une évolution significative de la politique extérieure des Etats-Unis. En même temps, il doit traiter les guerres dont il a hérité aussi bien en Irak qu’en Afghanistan, sans faire perdre la face à son pays.
Quant à son rapport à l’Europe, le président Obama n’a pas vraiment placé l’Union européenne en tête de son agenda politique. Les Etats-Unis semblent avoir trouvé le bon rapport avec la Russie par la reconduction des accords de limitation des armements de destruction massive. Le premier voyage de Barack Obama était au Canada. Quant à l’Europe, il y a eu juste un échange téléphonique avec le premier ministre tchèque lors au cours duquel le président Obama a demandé où on en était dans la ratification du traité de Lisbonne…
La grande difficulté de l’Europe aujourd’hui, aux yeux des Etats-Unis est qu’elle n’est pas unie…Cela explique en grande partie de rôle modeste accordé à l’Europe dans la politique étrangère des Etats-Unis. Les titres des articles sur l’Europe dans la presse américaine en sont la preuve : « Obama atterrit sur une petite île près de l’Europe » (la Grande Bretagne). Ce titre d’article est un grand révélateur de la perception du Royaume-Uni et de l’Union européenne.
Le rôle des Européens au sein de l’Alliance atlantique, la construction du second pilier de l’Alliance, reste limité compte tenu d’une grande différence entre les budgets de la défense des Etats-Unis et de l’Union européenne. L’absence d’industrie d’armement en Europe est souvent mise en avant par les Américains.
Plusieurs questions séparent l’Europe et les Etats-Unis : l’Afghanistan, l’Irak ou l’énergie. Pour cette dernière question, la dépendance européenne à l’égard de la Russie (enjeux autour de Gazprom, construction de gazoducs alternatifs comme Nabucco) est préoccupante pour les Etats-Unis. Pour la crise économique et financière, les Américains ont le sentiment d’être plus efficaces et surtout plus solidaires que les européens Les controverses européennes sur les plans de sauvetage, les divergences nationales les font douter de l’efficacité européenne. Les réticences européennes à accueillir des prisonniers de Guantanamo sur leur sol font parti des déceptions américaines. Trouver un réel consensus entre les Etats-Unis et l’Europe ne semble pas une affaire acquise…Des efforts doivent être faits des deux côtés de l’Atlantique pour mieux se comprendre et mieux coopérer.
Cependant, malgré tous les désaccords, les Etats-Unis et l’Europe défendent la même civilisation. On partage les mêmes valeurs fondamentales. Le système constitutionnel américain est basé sur les idées de Montesquieu…Cela doit faciliter des rapprochements indispensables surtout si l’Union européenne arrive elle-même à trouver plus d’unité. Il n’y a donc pas de miracle Obama, mais de nouvelles perspectives à définir et un nouveau monde à construire.
Compte rendu réalisé pour l’UPEG par Katsiaryna ZHUK
Le 14 avril 2009
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