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Les défis majeurs de la politique énergétique européenne, aujourd’hui, sont de trois ordres: géopolitique (l’approvisionnement en ressources énergétiques), économique (un coût croissant de l’énergie) et écologique (choix des types d’énergie face aux problèmes environnementaux existants).
Le problème de l’approvisionnement en ressources énergétiques se pose dans la mesure où l’Union européenne est actuellement très dépendante des importations de l’énergie de Norvège, d’Algérie et de Russie. Cette dépendance a tendance à augmenter au fil des années pour chacune des ressources utilisées. En même temps, l’Europe devra de plus en plus se confronter à la concurrence de la Chine, de l’Inde, etc…La question qui se pose donc à l’Union est comment arriver à sécuriser ses approvisionnements.
Le défi économique consiste en une augmentation des prix des ressources énergétiques. L’extension de la consommation de l’énergie crée la situation où, sur le marché, l’offre est aujourd’hui relativement limitée, donc inférieure à la demande…En Europe aujourd’hui, il n’y a pas de véritable concurrence de production de ressources énergétiques. Au contraire, à partir de 2003, on est passé plutôt à une « retenue mutuelle » sous forme d’accords tacites entre les opérateurs du marché énergétique. Les conséquences de cette augmentation des prix de ressources énergétiques sont multiples : économiques, industrielles (délocalisations), sociales (chômage)…
Enfin, le troisième défi qui se pose pour l’Union européenne est aujourd’hui un défi écologique lié aux conséquences économiques du transport et de l’utilisation des ressources énergétiques. Une série d’engagements au niveau international, mais aussi local, témoigne d’une certaine prise de conscience face aux nouveaux problèmes écologiques.
Face à ces défis, la réponse apportée par l’Union européenne est celle de la libéralisation, de la construction d’un marché énergétique commun, qui découle de la volonté européenne de considérer l’électricité, le gaz, et autres comme des biens ordinaires, sans prendre forcément en compte leur spécificité. C’est peut être l’une des raisons pour lesquelles, cette libéralisation ne fonctionne pas aujourd’hui d’une manière optimale.
En France, la libéralisation du marché énergétique se fait par étape : en 2000 pour les grandes entreprises, en 2004 pour tous les professionnels, en 2007 pour tout le monde. En Allemagne et en Espagne, la libéralisation s’est effectuée tout de suite.
Effectivement, le marché apporte un certain nombre de réponses face au trois défis énumérés ci-dessus, mais en même temps pose une série de contraintes, comme les difficultés de transport et de problèmes comme l’impact de la libéralisation sur le prix. Elle s’est traduite par une chute des prix dans un premier temps et une explosion des prix qui a suivi ensuite.
De nouvelles questions se posent. Comment gérer cette libéralisation qui n’est pas une réponse miracle face aux défis énergétiques existants? Y a-t-il d’autres solutions face aux défis existants : diversification des ressources énergétiques, sources d’énergie renouvelables, etc ?
Aujourd’hui, au niveau européen il n’existe aucun organisme de régulation sur le marché de l’énergie. On en trouve au niveau national, mais l’Union européenne ne s’est pas jusqu’à présent dotée des mécanismes de régulation dans le domaine énergétique. Souvent, les mécanismes nationaux ont tendance à défendre les intérêts des entreprises nationales…
D’autres solutions pourraient être apportées face aux défis énergétiques existants, notamment la réduction de la consommation. Le kilowatt le moins cher est celui qui n’a pas été consommé…L’efficacité énergétique, c’est-dire-dire les formes de production énergétique efficace, pourrait être une autre solution possible. Autre solution est la diversification : des zones d’approvisionnement, des mixtes énergétique (types de ressources utilisées).
L’éventail des solutions pourrait être élargi pour résoudre les problèmes énergétiques de l’Union européenne. Il est important d’évoquer les ressources alternatives : éoliennes, hydrauliques, solaires, etc. Le nucléaire pourrait être mentionné parmi les réponses envisageables. Les objectifs européens sont aujourd’hui ambitieux avec le « trois fois vingt » : 20% de réduction de l’émission de gaz à l’effet de serre, 20% des ressources renouvelables, 20% de l’efficacité énergétique pour 2020…
L’Europe de l’énergie se construit au niveau européen par l’élaboration d’une politique énergétique commune qui trouve son application au niveau local.
La problématique énergétique et environnementale se retrouve dans les projets des organisations locales telles que l’OPAC38, établissement public à caractère industriel et commercial, compétent sur le territoire de la Région Rhône-Alpes et sur les départements limitrophes, qui a quatre missions principales : construction, aménagement, gestion et réhabilitation des logements et des équipements.
L’OPAC38, comme beaucoup d’organismes locaux, bénéficie des fonds européens pour mettre en œuvre des projets répondant aux objectifs européens en matière d’énergie et d’environnement. Plusieurs projets avec d’autres partenaires européens ont été conduits grâce aux investissements européens. (Pour plus d’informations sur ces projets, voir la présentation de Michel Gibert mise en ligne sur le site de l’UPEG).
Pour conclure, l’Europe de l’énergie est un pilier potentiel de la construction européenne qui connaît un triple défi aujourd’hui. Les réponses à ces défis restent complexes. Mais la mise en œuvre d’une politique européenne de l’énergie devrait être l’une des priorités de l’Union européenne…
Compte rendu réalisé pour l’UPEG par Katsiaryna ZHUK
Le 11 mai 2009
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