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Mercredi 22 Juin 2009

L’Europe vue de Prague

par Pavel FISCHER, Ambassadeur de la République Tchèque à Paris

Résumé :

     La présidence tchèque de l’Union européenne arrive à sa fin. Quel bilan peut-on faire des six mois sous l’égide de la République tchèque, membre de l’Union depuis 2004 ? L’ambassadeur Pavel Fischer a rendu compte avec précision et une grande franchise de cette présidence tchèque que les médias français ont eu tendance à négliger dans leur propre compte-rendu.

Une des tâches principales de la présidence tchèque était de rester parfaitement en cohérence avec la présidence française de l’Union qui lui a précédé et la présidence suédoise qui va lui succéder. Cette continuité est déjà une réussite.

Les grandes thèmes de la présidence tchèque ont été : l’énergie, l’économie, les relations extérieures de l’Union européenne ou la place de l’Europe dans le monde. Ainsi, la crise de gaz, la crise de Gaza et la crise économique et financière se sont trouvés en place centrale dans l’agenda de la présidence, comme des dossiers prioritaires à côté d’autres thèmes tels que le transport ou la baisse de la TVA… Ces événements ont montré que l’Europe n’est pas forcément à l’abri des retombées difficiles des événements du monde.

Beaucoup de questions ont été posées pendant le semestre. Comment assurer l’unanimité des 27 Etats membres sur la question énergétique ? Comment mener le dialogue avec la Fédération de Russie sur les prix du gaz et du pétrole ? Comment se positionner par rapport à la crise de Gaza, si complexe dans une période difficile ? Comment trouver des solutions communes dans une situation de crise économique où chaque pays a été touché différemment et donne des appréciations spécifiques sur la crise?

La recherche de consensus sur toutes ces sujets est un défi permanent à relever pour chaque la présidence de l’Union européenne. Des efforts considérables ont été faits pour que l’Union européenne puisse parler d’une seule voix lors des multiples sommets tenus pendant le semestre, comme lors de la réunion du G20. De nombreux débats se sont déroulés autour de : la question de la libéralisation du marché de gaz ; l’usage du nucléaire dans le domaine civil ; la baisse de la TVA pour certaines activités ; l’usage de moyens financiers (cinq milliard d’euros) pour gérer la crise, finalement consacrés à des projets liés à l’énergie. D’autres débats ont porté sur ce qu’on appelle « l’itinérance de téléphonie mobile » et notamment la directive européenne qui s’attaque à des pratiques d’abus des prix par les opérateurs de la téléphonie mobile. Le transport aérien et notamment les possibilités de rendre les voies aériennes plus directes, ont fait aussi l’objet de recherche de compromis en Europe. .

Beaucoup de dossiers sensibles ont été négociés au sein du Parlement européen. Le calendrier électoral de ce dernier a permis d’organiser beaucoup de sommets et d’activités. La liste des sommets est impressionnante : un sommet avec les Etats-Unis ; un sommet avec le Canada lié surtout aux questions du marché unique, de la concurrence et du transport aérien ; un sommet avec la Chine qui a fait beaucoup de bruit dans les médias ; un sommet avec la Russie autour des questions économiques et énergétiques ; un sommet sur l’Afghanistan et aussi avec le Pakistan. La République tchèque a eu l’initiative diplomatique pour l’Union européenne d’organiser une rencontre pour un Partenariat oriental avec les pays du proche voisinage comme la Biélorussie, la Moldavie, l’Ukraine, l’Arménie, l’Azerbaïdjan et la Géorgie. Ce Partenariat oriental est conçu comme un instrument permettant d’établir des passerelles de coopération antre l’Union et ses voisins. Enfin, un sommet lié au transport de l’énergie par le corridor sud a pu se dérouler.

Cinq ans après l’entrée dans l’Union européenne, pendant les six mois de sa présidence, la République tchèque a pu assurer la continuité sur dix-huit mois de présidences de la France, de la Suède et de la sienne. La méthode employée par cette présidence a été celle de la recherche de consensus entre les vingt-sept pays, afin d’éviter que les réactions à la série de crises soient dispersées.

En son temps, Jacques Delors a parlé du processus d’intégration européenne comme d’un processus inachevé…Les modestes six mois de présidence tournante renforcent ce sentiment du caractère inachevé de la construction européenne à la hauteur des défis mondiaux et des attentes des citoyens…

Compte rendu réalisé pour l’UPEG par Katsiaryna ZHUK
Le 2 juillet 2009

Références bibliographiques :

Document à distribuer : L'Europe vue de Prague

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