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La politique de l’Union européenne en matière de la culture est une politique en construction, à travers laquelle l’héritage culturel européen cherche à se faire valoir. Les craintes qui existent aujourd’hui autour de la question culturelle en Europe portent essentiellement sur la capacité de l’Europe de véhiculer l’affaiblissement de l’Etat, qui a toujours joué un rôle majeur dans l’élaboration de la politique culturelle nationale.
Quand l’action de l’Union européenne en matière de la culture a commencé ? Qu’est-ce qu’un modèle culturel européen en termes de conception ? Quelles sont les principales caractéristiques de l’action de l’Union européenne en la matière ?
La date clé pour la politique culturelle au niveau européen est 1992. C’est avec l’adoption du traité de Maastricht que l’Union se trouve dotée d’une compétence en matière culturelle. Avant cette date, l’action européenne dans le domaine de la culture se limitait essentiellement à des communications de la Commission qui ont fini par nourrir le Traité de Maastricht en matière culturelle. C’est donc à partir de 1992 que les programmes culturels européens se sont développés : « Kaléidoscope », « Raphaël », etc. Le grand programme en cours regroupant plusieurs actions de l’Union européenne est le programme « Culture 2007-213 ».
Une autre date importante pour la politique culturelle européenne est l’adoption en 2007 par le Conseil de l’Union de l’Agenda européen pour la culture, document synthétique et stratégique qui définit les objectifs de l’Union européenne en matière de la culture.
L’action de l’Union européenne dans le domaine de la culture a plusieurs caractéristiques principales. D’abord, cette politique a pour souci la cohésion. Elle concerne différents domaines : média, création artistique, villes européennes, livres, patrimoine….. Il existe un souci de cohésion entre ces domaines d’action. Par ailleurs, il s’agit de mettre en cohérence l’action culturelle européenne avec les autres grandes stratégies européennes afin de ne pas séparer la culture des autres actions européennes.
Ensuite, une autre caractéristique de l’action culturelle de l’Union est la méthode employée pour l’action. Il s’agit de la méthode ouverte de coordination, une méthode souple qui recherche une convergence sans contrainte qui comprend : une information réciproque, une évaluation nationale, la coopération entre les Etats et l’Union pour avancer progressivement ensemble. Les décisions en matière culturelle sont prises à l’unanimité. Cela va changer avec l’adoption du traité de Lisbonne.
Enfin, l’action de l’Union européenne en matière culturelle se situe entre deux pôles résumés par la « diversité culturelle » et le « dialogue interculturel ». L’Union reconnaît la très grande diversité culturelle entre ses Etats membres, mais souhaite aussi l’instauration d’un dialogue entre eux dans le domaine culturelle. Elle agit pour favoriser cette coopération.
L’action culturelle est aussi prise en compte dans les autres politiques communautaires comme la politique régionale, la politique extérieure…. Il y a donc plusieurs accès aux financements européens en matière de la culture.
L’action de l’Union dans le domaine de la culture ne fait pas obstacle au travail des organisations de la société civile. Au contraire, l’Union soutient les réseaux culturels européens que la Commission et le Conseil de l’Europe ont aidé à se structurer.
La façon de penser la politique culturelle au niveau européen est différente de celle instituée en France. Deux modèles s’opposent. Celui de l’Union est en construction. Celui de la France est très ancien et connaît depuis quelques années des interrogations importantes. L’Etat français est souvent coproducteur en matière culturelle, pour l’Union il n’est pas question de se substituer à l’Etat. Une autre différence réside pour l’Union européenne dans le recours systématique aux études sur la culture. La France semble être plus certaine de ses choix. Les moyens consacrés à la culture dans les budgets ne sont pas les mêmes. Les différences sont notables. Le budget européen du programme « Culture 2007-2013 » est de 400 millions d’euros pour l’ensemble des Etats membres et les Etats en cours d’adhésion. Le budget culturel de la ville de Grenoble est de 37 millions d’euros, celui de la ville de Lyon de 100 millions d’euros et de l’Etat français est de 3 milliards d’euros…Les proportions ne sont pas les mêmes.
L’agenda européen en matière de culture en place, le plan de travail 2008-2010 élaboré, les groupes d’experts composés constituent le point de départ de l’élaboration des priorités de la Suède en matière culturelle. L’année 2009 est proclamée l’année de la créativité de l’innovation au niveau européen.
La priorité de l’agenda suédois est de « garantir l’accès à la culture aux enfants et aux jeunes, encourager la créativité et la capacité d’innover chez les enfants et les jeunes dans une Europe ouverte et dynamique, développer chez les jeunes une confiance en soi-même et, entre autres, des compétences interculturelles, etc. » La présidence suédoise, afin de répondre aux objectifs énoncés, fait de la culture une dimension importante de son action et propose une série d’évènements en matière de la culture (voir le site de la Présidence suédoise de l’Union européenne).
Compte rendu réalisé pour l’UPEG par Katsiaryna ZHUK
Le 11 octobre 2009
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