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Mercredi 21 Octobre 2009

L'Europe et l'Afrique

avec Ely OULD MOHAMED VALL, ancien président de la Mauritanie, ancien président du Conseil militaire pour la justice et la démocratie et Gaston KELMAN, écrivain, auteur des livres « Les hirondelles du printemps africain », « Les blancs m'ont refilé un dieu moribond » et autres.

Résumé :

     L’Europe et l’Afrique - deux continents, deux histoires, deux espaces hétérogènes…Quelles relations entre elles : donateur et bénéficiaire, deux partenaires, autre ? Quelle Afrique enfin ? (L’Afrique n’existe pas, c’est pourquoi je crois en elle – Gaston Kelman) Les interrogations sur les rapports euro-africains sont multiples. Dans cette conférence, une place centrale est accordée à l’approche institutionnelle des relations de l’Europe avec l’Afrique.

L’Europe et l’Afrique ont historiquement entretenu des relations complexes à travers la colonisation, le néocolonialisme et l’ingérence dans les affaires intérieures.

Aujourd’hui, un partenariat est en voie de réalisation. Le dialogue politique entre l’Europe et l’Afrique est marqué par les suspicions de part et d’autre. La démocratisation des années 1990 va renforcer le sentiment de la nécessité d’une coopération plus intégrée des deux continents.

La création de l’Union africaine, réponse de l’Afrique au défi de mondialisation, est un moment clé dans la réalisation du partenariat euro-africain. Elle a donné naissance a un vrai interlocuteur de l’Europe sur le continent africain. Pendant la même période, l’Europe a également connu une extension sans précédant. Ces deux processus ont créé des conditions propices à l’émergence d’un dialogue entre les deux continents, institutionnalisé au Caire en 2000.

L’accord de Cotonou, signé le 23 juin 2000 entre l'Union européenne et les États d'Afrique, Caraïbes et Pacifique, a succédé aux conventions de Lomé et Yaoundé. Le nord du continent africain est impliqué dans le Partenariat pour la Méditerranée. Les pays du sud de l’Afrique sont impliqués de leur coté dans des accords sur le commerce, le développement et la coopération. Le Nouveau partenariat pour le développement de l'Afrique (NEPAD, acronyme de New Partnership for Africa's Development), est un projet de développement initié par plusieurs chefs d'États africains dont le Sud-Africain Thabo Mbeki, l'Algérien Abdelaziz Bouteflika, le Sénégalais Abdoulaye Wade, le Nigérian Olusegun Obasanjo, et l’Égyptien Hosni Moubarak.

Le dialogue engendré entre l’Europe est l’Afrique se donne pour objectif de faire face au défi de l’émergence de nouvelles puissances dans le monde, telles que la Chine, l’Inde, le Japon, le Brésil et la Venezuela. Pour la première fois, un dialogue franc sur les principaux problèmes des relations entre les deux continents a commencé. Pour l’Europe, les questions des richesses de l’Afrique, de sécurité et d’immigration, de désarmement, de terrorisme, de trafic de la drogue constituent, parmi d’autres, les principaux objectifs. Pour l’Afrique, la question de son intégration dans l’économie mondiale, de la dette, de la consolidation de la paix, de la démocratie et de la bonne gouvernance ainsi que des défis de développement durable, d’éduction, de santé, de patrimoine africain commun constituent les principales préoccupations.

Une série de rencontres euro-africaines ont ensuite permis l’adoption d’une stratégie conjointe adoptée par le deuxième sommet Europe-Afrique, organisé à Lisbonne en 2007. Le dialogue entre l’Europe et l’Afrique a évolué d’une vision partagée en 2000 vers une approche pragmatique en 2007 avec des plans d’actions dans de nombreux domaines : paix et sécurité, énergie, bureaucratie, sécurité alimentaire, etc. Un Plan général d’action 2008-2013 a été ensuite élaboré. Le dialogue a permis de briser une série de tabous et de stéréotypes réciproques en donnant fin à la relation traditionnelle du donateur au bénéficiaire.

De manière plus spécifique, la coopération entre l’Europe et la Mauritanie s’exprime essentiellement à travers les financements des fonds européens de développement, de la Banque européenne des investissements ainsi qu’à travers la mise en œuvre des accords sur la pêche. Cette coopération s’exerce dans le cadre général des accords de Cotonou. Les plans nationaux d’action définissent la stratégie et le programme du gouvernement mauritanien. De 2001 à 2006, la Mauritanie a reçu une enveloppe de 156 millions d’euros d’abord qui a été ensuite complétée encore par 87 millions d’euros. Pour la même période, la BEI a accordé à la Mauritanie 38 millions d’euros. L’accord pour la pêche signé le premier juillet 2006 pour une durée de six ans permet à deux cent navires de l’Union européenne d’entreprendre des activités de pêche dans les zones mauritaniennes. Cet accord reste le plus important contrat commercial en termes financiers conclu par l’Union européenne avec un pays tiers. En contrepartie, le trésor mauritanien reçoit 86 millions d’euros par ans.

En 2006, l’Union européenne a décidé de soutenir le processus démocratique mauritanien, engagé par le gouvernement de transition de 2005. Le changement de 2005, soutenu par toute la population, a donné à la Mauritanie l’espoir de sortir de la crise politique, économique et social. Le changement de Constitution visait l’instauration d’une alternance politique dans le pays.

Cependant, l’Union suspend son engagement suite au coup d’Etat de 2008. Depuis 2009, de nouvelles consultations ont été engagées entre les deux parties. Par ses interventions, l’Union européenne reste le premier partenaire de développement de la Mauritanie.

Les relations économiques avec l’Union européenne sont d’une importance primordiale pour la Mauritanie et pour l’Afrique plus généralement. Conditionnées par l’évolution politique dans les pays africains, la majorité des actions économiques européennes restent aujourd’hui d’une extrême importance pour le développement politique du continent européen.

En effet, ces dernières années, l’Afrique suscite un intérêt croissant aussi bien des pays développés que des Etats émergeants. Les dialogues de l’Afrique avec ces derniers deviennent aussi très importants, comme la Chine, l’Inde, l’Amérique du sud, etc. En 2009, Barack Obama s’est rendu avec une visite au Ghana. Une certaine rivalité entre les puissances mondiales s’installe en Afrique. De nouveaux horizons s’ouvrent pour le continent africain : l’instauration d’un dialogue politique entre l’Europe et l’Afrique, la diversification des partenariats de l’Afrique avec d’autres puissances. Il est donc urgent de clarifier et d’améliorer les relations Europe-Afrique…

Compte rendu réalisé pour l’UPEG par Katsiaryna ZHUK le 25 octobre 2009

Références bibliographiques :

Document à distribuer : L’Europe et l’Afrique

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