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Depuis quinze ans, la Biélorussie est souvent qualifiée de dernière dictature de l’Europe en raison des tendances autoritaires que le pays a connu depuis l’arrivée au pouvoir présidentiel d’Alexandre Loukachenko : absence de séparation des pouvoirs, concentration du pouvoir aux mains d’une seule personne, absence d’élections libres…
Le déroulement des élections en Biélorussie témoigne du caractère autoritaire du régime. Depuis quinze ans, elles ne servent qu’à la consolidation du régime en place. Le régime utilise le droit pour éviter tout risque de contestation politique. Le processus électoral en Biélorussie prend la forme d’autorecrutement public des pouvoirs en place. L’exécutif contrôle les commissions électorales à tous les niveaux.
Les récentes élections présidentielles n’ont pas fait exception à la logique autoritaire générale du régime politique. Les nombreuses fraudes électorales enregistrées lors de ce scrutin sont à l’origine d’une grande manifestation, qualifiée ensuite de « révolution du jean ». A l’issue de cette contestation, des milliers de personnes ont été arrêtées et le pays s’est retrouvé en état d’urgence pendant trois mois. L’élan démocratique en Biélorussie n’a pas pu avoir les mêmes conséquences qu’en Ukraine en 2004 au moment des événements appelés ensuite « la révolution orange ». La situation de ces deux pays post-soviétiques n’est pas identique. En Ukraine, contrairement à la Biélorussie, il existait déjà une opposition parlementaire, des chaînes de télévision libres, etc.
Pourquoi le régime actuel se maintient ? Quels en sont les piliers ? Tout d’abord, le populisme de l’actuel président permet d’assurer la stabilité du régime. La lutte anti-corruption et le quasi-monopole des médias permettent au gouvernement en place de propager son discours populiste. L’accès aux médias est très limité, surtout, aux candidats d’opposition : pour une circonscription de presque vingt-cinq milles personnes, quatre minutes à la radio locale et quarante euros seulement pour imprimer les tracts sont autorisés.
Un autre pilier de ce régime est le contrôle idéologique aussi bien du système éducatif que des entreprises. Les autorités ont introduit des cours et des formations sur l’idéologie d’Etat dans les universités, les entreprises publiques et privées, etc.
Un autre moyen de contrôle sur la société en Biélorussie est l’économie étatisée. L’Etat contrôle 70% de l’ensemble des entreprises. Les employés ont des contrats à durée déterminée, système introduit en Biélorussie dans les années 2000, dont les délais d’expiration coïncident souvent avec les cycles électoraux et en font de bons moyens de pression. Le paradoxe de la situation biélorusse consiste aussi dans le fait que du point de vue économique, le pays connaît un taux de croissance qu’il n’a jamais connu auparavant.
Une autre explication est, ce que certains analystes appellent, le pacte social. Ce dernier consiste à prévoir un certain nombre de bénéfices sociaux, comme par exemple, l’accès à l’éducation, parfois gratuite ou à des soins médicaux, parfois gratuits. En contrepartie les gens doivent renoncer à toute revendication politique.
Enfin, le moyen de pression le plus ciblé touche les activistes et les militants de la société civile. Des cas de disparition d’hommes politique en Biélorussie pour des raisons très visiblement politiques sont à déplorer. Les autorités font régulièrement références à des arrestations et des détentions d’opposants. Ces mesures sont évidemment arbitraires. Rajoutons à cela des violations régulières des libertés d’association, de conscience, de la religion, etc.
Le Mouvement pour la liberté, créé en 2006 par Alaksandr Milinkevich, a pour objectif l’avènement d’élections libres en Biélorussie des. Les moyens d’action sont notamment : l’information par le biais d’Internet, l’éducation civique, les contacts avec les partenaires occidentaux. Tout ceci vise à atteindre l’objectif général du Mouvement, celui d’une réelle indépendance par la fin du régime autoritaire, de la démocratisation et de l’européanisation de la Biélorussie.
Depuis longtemps, les relations entre l’Union européenne et la Biélorussie ont été conditionnées par les évolutions internes dans le pays. Malheureusement, cette politique n’a pas apporté de résultats significatifs. Le régime biélorussien a durci au cours de quinze dernières années. Les sanctions de l’Union se sont avérées insuffisantes : l’interdictions de visa, la suppression de la Biélorussie de la liste des préférences communautaires, le rapport de la Commission européenne 2006 « Qu’est-ce que l’Union européenne pourrait apporter au Bélarus ? » etc. En plus, la Biélorussie est souvent perçue par les Européens comme un Etat accidentel qui sera bientôt réintégré dans la Russie…
Il faut cependant nuancer ce bilan de la politique européenne en Biélorussie, en mentionnant quelques éléments qui permettent d’espérer un nouveau cycle de relations Union Européenne-Biélorussie : l’apparition du partenariat oriental ; l’aide apporté par le Fonds monétaire international à la Biélorussie pour gérer la situation de la crise ; le renforcement de la confiance de la population biélorussienne à l’UE…
Dans les circonstances actuelles, l’appui de l’Union européenne et indispensable. D’un côté, les attentes des Biélorusses portent sur les pays voisins membres de l’Union avec lesquels la Biélorussie partage un héritage historique commun. De l’autre, l’action commune de l’Union européenne est essentielle pour la démocratisation du pays.
Réalisé par Katsiaryna Zhuk le 2 avril 2010
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