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L’Europe, du point de vue journalistique, est en crise. L’Europe va mal, beaucoup de problèmes se posent actuellement à l’Union européenne : crise économique et financière, problème grec, etc.
De même pour la presse, l’état actuel de celle-ci est également celui d’une crise grave…La presse d’information est clairement menacée, surtout lorsqu’il s’agit des questions internationales et européennes. En 2005, il y avait en poste à Bruxelles entre 1300 et 1400 journalistes, ce qui en faisait le plus grand poste journalistique au monde juste avant Washington. Cette année, il ne reste que 750 journalistes en poste à Bruxelles.
Les explications de cette diminution du nombre de journalistes à Bruxelles sont multiples. Elle est d’abord liée à la crise économique et financière de 2008-2009. Les médias sont amenés à réduire leurs coûts de travail en diminuant le nombre de postes à l’étranger. Ces postes sont considérés comme les plus chers. Les journalistes sont d’autant plus touchés par la crise que le nombre de journaux achetés, chaque jour, s’est réduit ces dernières années, notamment en France.
Une autre raison explique la chute du nombre de journalistes à Bruxelles, le fait que les postes à Bruxelles, auprès de l’Union européenne soient considérés comme ennuyeux. L’information européenne plus généralement est considérée comme particulièrement ennuyeuse par les hiérarchies des journaux. Cela concerne aussi bien la presse écrite que la télévision. Le temps consacré aux informations européennes à la télévision est de moins d’un pour cent. Les médias vivent aujourd’hui le phénomène de « fait-diversification », c’est-à-dire le retrait de l’actualité internationale par rapport aux faits divers dans les informations. Il en résulte que les gens ne voient pas l’actualité européenne, qui est pourtant très riche, dans leurs journaux ni à la télévision. Probablement, la seule exception à ce phénomène généralisé, dans la presse écrite, est le magazine « The Economist ».
Internet est une solution qui permet d’éviter les contraintes de la presse écrite, notamment celle du manque d’intérêt pour l’actualité européenne. Le blog « Coulisses de Bruxelles » est un bon exemple de réussite pour attirer l’attention sur les questions européennes. Il compte entre 300 et 350 milles visiteurs par mois ce qui monte bien l’intérêt des citoyens pour l’actualité européenne. Cependant, le modèle économique d’Internet n’est pas encore suffisamment viable, car les blogs comme « Coulisses de Bruxelles » ne font pas vivre leurs créateurs. La gratuité des informations sur Internet contribue également à l’image que les sources de qualité peuvent/doivent être gratuites.
Lorsqu’on parle de la crise de la presse en Europe, deux volets sont à distinguer, d’une part crise de l’offre, d’autre part crise de la demande. Les citoyens européens ne recherchent pas les informations de qualité. Les chaînes de télévision et les journaux qui attirent le plus grand nombre de spectateurs et lecteurs sont ceux qui organisent les informations autour de « faits divers ».
Bruxelles est l’avant-poste de ces crises aussi bien de la presse que de l’Europe. Il est extrêmement intéressant de voir ce qui se passe à Bruxelles pour mieux comprendre les évolutions récentes dans le monde du journalisme et celle de la machine européenne.
Réalisé par Katsiaryna Zhuk, le 12 avril 2010
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